Le Soir

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Nous avions le plaisir de recevoir jeudi dernier Mehmet Koksal et Pierre-Yves Lambert pour un PodCafé tout entier dédié au métier de journaliste en ligne et à sa déclinaison version bloguienne.

Il fut également beaucoup question du rapport qu’entretiennent les journalistes et les hommes/femmes politiques, de l’avenir du journalisme et de sa composante citoyenne dans une société “online” ainsi que de la difficulté tangible de vivre de sa passion pour l’information.

Encore merci à eux deux pour ces 3X30 minutes très très enrichissantes. A écouter en ligne ou caler au chaud dans vos baladodiffuseurs.

Question de vous mettre l’eau à la bouche, voici le Blitz de la soirée.

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Merci à Alain Guillaume, qui préside la Société de gestion des droits d’auteurs des journalistes (SAJ), de nous avoir reçu jeudi soir pour une discussion à bâtons rompus sur “L’affaire Copiepresse vs Google” et, d’une manière plus générale, à propos de l’”honnête”rémunération à assurer aux producteurs de contenus sur le web.

Ce fut une excellente soirée, riche en échanges de points de vue divergents et en projections en tout genre. N’hésitez pas à prendre un peu de votre temps pour aller écouter ce qu’Alain raconte, il est loin des discours formatés, convenus et dichotomiques à deux balles. On s’est frités sur plus d’un point, le ton est monté à plusieurs reprises mais, au final, ces échanges furent d’une réelle richesse et ce fut un rare plaisir de pouvoir confronter nos avis sur des “issues” aussi cruciales.

Bref, voici quelques fichiers à mettre au chaud dans vos baladeurs mp3 pour votre prochain jogging/trajet en tram ou à écouter gentillement en direct sur le blog de PodCafé au gré de vos envies. Faites nous part de vos réflexions, rejoignez la discussion !

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Mehmet Koksal, journaliste indépendant et blogeur patenté sur “Humeur Allochtone” reçoit ce jeudi les honneurs de la “grande presse” (à un euro l’article, je m’abstiens cependant volontiers de vous fournir un lien).
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Il faut dire qu’il le mérite bien. Son travail de terrain sur les communes bruxelloises pendant la période électorale n’ont pas laissé indifférent, essentiellement du coté du PS où Mehmet a mis plusieurs fois le doigt sur des “détails de l’histoire” que les rouges auraient préféré gardés bien enfouis. C’est en effet lui qui révéla, entre autres, la présence d’un “loup gris” (extémiste turc de droite) sur la liste PS à Schaerbeek (son dernier billet à propos de la matrone Onkelinx est un exemple du genre). Par le passé déjà, Mehmet a levé plusieurs lièvres, qui lui ont même valu d’être poursuivi en justice par un secrétaire d’Etat pas ravi-ravi que la vérité à son endroit n’éclate au grand jour. Si je ne me trompe pas, son travail est également soutenu par la Fondation Roi Baudouin

Depuis mai 2005, (allez lire son premier billet) Mehmet publie comme il respire. Je n’ai jamais eu l’occasion de le rencontrer mais à le lire au jour le jour depuis un certain temps, je pense que ce gaillard a plus de cran et d’envie de plonger les mains dans le cambouis que la plupart des journalistes bien installés pèpère de la capitale. Il tape sur tous les clous, par rien que ceux avec un bonnet rouge, et n’hésite pas à jouer l’emmerdeur de service quand nos politischtroumpfs se la pètent sur les vertus de la multiculturalité toute de facade qu’ils ont soi-disant réussi à instaurer dans leur commune. 

Bref, si vous avez besoin d’un bol d’air frais dans la tambouille médiatique actuelle, abonnez-vous au flux RSS de Mehmet et de ses Humeurs. Et si l’envie vous en dit, n’hésitez pas à prendre exemple sur lui et à vous impliquer dans la vie citoyenne de votre commune !

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Le Pan, qui sous le titre “Un Patriot Act à la Belge” revient sur un procès qui se tient actuellement à Bruxelles contre plusiseurs militants du DHKP-C (souvenez-vous de Ferhiye Erdal, la pote de Laurette)

(…) De récents textes de loi permettent de poursuivre quiconque est suspecté de lien avec une organisation jugée « terroriste », la définition en étant ici « qui fait pression sur un Etat ou une organisation internationale ». Ce qui s’applique autant à un attentat d’Al-Quaeda qu’une défense du saumon rouge par Greenpeace (…)

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J’avais eu l’occasion de discuter fin août avec Manuel Lambert, juriste à la Ligue des droits de l’Homme, à propos de ces “méthodes particulières d’enquêtes” auxquelles les forces de l’ordre et le parquet ont désormais accès grâce aux nouvelles lois antiterroristes. L’exemple à propos duquel nous parlions avait été révélé par Le Soir (désolé, pas de lien ;-) et faisait état d’une “mise sur écoute” d’un internaute suspecté d’appartenace à un groupe terroriste. Ses communications et son trafic avaient été “aspirés” pendant un certain temps et analysés par la maréchaussée.

En considérant qu’internet entre dans le champ d’application du même article du code d’instruction criminelle que celui régissant la mise sur écoute de communications téléphoniques, plusieurs conditions sine qua non doivent être remplies pour que ces écoutes puissent être pratiquées en toute légalité.

La première, et sans doute la plus importante en matière de respect de la vie privée, est que ces écoutes doivent impérativement être ordonnées par un juge d’instruction. Cette condition garantit en effet que le contenu du dossier ouvert à l’encontre d’un individu sera porté à sa connaissance lors de la clôture de l’instruction. Quatre autres conditions sont laissées à l’appréciation de juge d’instruction, à savoir: la nécessité absolue, la présences d’indices sérieux qu’un délit a été commis ou est sur le point de l’être, que les autres moyens d’investigation ont été épuisés et qu’il s’agit d’une infraction relevant du meurtre, de l’enlèvement d’enfant, d’atteinte à la vie du roi, de trafic de matière nucléaire ou de terrorisme.

“Mais”, dixit Manuel Lambert, “dans le cadre de la loi anti-terrorisme, de celle sur les méthodes particulières d’enquête ou sur le screening, les forces de l’ordre et le parquet ont acquis la possibilité de mener une série d’actions (placer des micros, prendre des photos, surveillance à distance, etc.) sans réclamer l’accord d’un juge d’instruction. Avec pour conséquence que ces dossiers ainsi constitués ne sont jamais rendus publics si une enquête n’est jamais ouverte officiellement”, disait-il tout en soulignant que des dérapages n’étaient dès lors pas exclus (lisez: “il y a déjà eu des abus”)

Dans la foulée, j’avais rediscuté un brin avec Me Ewbank (l’avocat qui avait défendu le premier blogueur belge poursuivi en diffamation, cfr. ce podcast réalisé à l’époque).

Pour lui, “Internet est quotidiennement l’objet de délits qui ne sont jamais poursuivis et encore moins punis. Cela va de l’injure simple en passant par la violation des droits d’auteurs jusqu’aux délits financiers et économiques. C’est bien la preuve que la police ne passe pas son temps à traquer les internautes! Nous ne sommes pas aux Etats-Unis, il n’y pas de Patriot Act qui autorise des agences gouvernementales à effectuer une surveillance systématique du web sous couvert de la lutte contre le terrorisme. Imaginer dès lors que la police puisse d’autorité décider de surveiller un internaute sous prétexte que ce dernier a tenu des propos trop engagés sur son blog ou dans un forum de discussions relève tout simplement du fantasme”.

Dans le cas qui concernait l’internaute “mis sur écoute”, il semblerait que tout se soit déroulé dans les règles (puisque c’est bien un juge d’instruction qui a décidé de “sniffer” les données”). N’empêche, le fait de savoir que la police ou le parquet a “le droit” de vous pister, de prendre des photos de vous et de vos proches, de constituer un début de dossier sur vous sous prétexte que vos actes pourraient rentrer dans la catégorie visiblement extensible du ‘terrorisme”, ça me gène quand même un chouia aux entournures…

Enfin bref, il est aussi à noter que les opérateurs téléphoniques européens sont désormais tenus de conserver les données téléphoniques et internet de leurs abonnés pendant une durée minimale de 6 mois. L’application de cette loi n’est cependant pas encore effective partout.

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Le tribunal correctionnel de Bruxelles a donc refusé vendredi de suspendre les astreintes auxquelles Google avait été condamné le 5 septembre. Il faut dire qu’à 1,5 million d’euros par jour, la facture commencait à s’alourdir drôlement. Avec ce renvoi dans les cordes (au moins jusqu’au 24 novembre, date d’une audience qui s’annonce bouillante), Google a été obligé d’obtempérer et d’afficher le jugement complet sur ses pages .be, leur donnant une petite touche de Gala après une série de schoot des nibards de Steph’de Monac en vacances à Saint Barth’.
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(pix by Denis)

Que faut-il penser de tout cela ? Et bien, ma foi, pas grand chose si ce n’est que la logique des éditeurs semblent avoir fait mouche auprès du tribunal. Sur le fond, on attendra l’audience de fin novembre pour tirer de plus amples conclusions.

Il reste quand même plusieurs interrogations qui me laissent un drôle de goût en bouche.

1) Virés de l’index à coups de pompes judiciaires, comment les quotidiens belges espèrent-ils un jour y retourner ? Si on a bien compris que le but n’était pas d’en être exclus ad vitam mais bien de bénéficier d’une légitime rétribution, seule l’exclusion est à ce jour actée et je ne sais pas qui est chargé chez Copiepresse d’aller proposer un deal à Google, mais à sa place, je m’armerais d’une bonne dose de patience. Maintenant que Google vous a bien dans le nez, faudra pas râler si il vous fait poireauter devant le Googlplex pendant une plombe avant de vous dire que les agendas sont surbookés et qu’il  faut repasser hummm … d’ici 5 ou dix ans.

Beaucoup de choses peuvent encore se passer d’ici le 24 novembre mais, en attendant, les chiffres de fréquentation de nos journaux vont se casser la gueule (une fois le buzz de rigueur retombé), c’est presque mathématique et déjà semble-t-il déjà une réalité en ce qui concerne la Libre.

La question générale là-derrière est: Y’-a-til une porte de sortie honorable pour les deux parties ? perso, je n’en vois pas.

De nouveau, je ne remets pas en cause le fondement même des revendications des éditeurs ("travailler" l’info coûte cher et rémunérer "justement" les journalistes est loin d’être une constante)

2) Que va-t-il advenir des flux RSS de ces journaux ? Comme le souligne François, les agrégateurs comme Netvibes, Wikio, Scoopeo vont-ils subir le même traitement que Google ? La logique est pourtant identique: reprise de titres et chapô sans accord des éditeurs. Alors ? Et vos flux parsemés d’AFP plombés avec vos adsenses ? Où est votre sacro-sainte valeur ajoutée, celle qui vous fait croire que 1 euro l’article est une "rétribution légitime pour un travail de qualité" ?

3) Manifestement, l’action de Copiepresse a donné des ailes aux autres médias francophones qui ont conclu leurs 5 jours d’assises à Bucarest avec une déclaration hier de leur président Hervé Bourges visant à "créer une alternative à la logique Google".

Selon ce dernier "la méthode d’indexation" de Google, conduit  en fait à une "grégarisation croissante", les internautes  s’informant sur un nombre de plus en plus réduit de médias et de  sujets, cela au détriment des pays du sud, "sauf sur les rares  sujets sur lesquels un grand nombre de médias internationaux  s’expriment et c’est alors rarement à leur avantage".

Plus démago que ça tu meurs (j’ai pas compris la référence aux pays du sud. Et Global Voices, et toutes les initiatives du genre ?), sans compter que "les internautes  s’informant sur un nombre de plus en plus réduit de médias et de  sujets" est une ineptie sans nom. C’est juste l’inverse qui se produit. On multiplie les sources et les sujets d’intérêts, les marchés de niche se créent en pagaille, les publications verticales  touchent un public très homogène et la pub générée commence à engendrer des turn over rapides (cfr WeblogsInc ou le Social Media Group). Les internautes cherchent et trouvent ce qui les intéressent. Google les y aide. Ce n’est plus à vous de juger ce qui est "bon" ou de "qualité". A vous maintenant de vous bouger le cul pour tenter de rattrapper tous ceux qui travaillent plus vite, plus collégialement, plus multimédiatiquement, plus sportivement et bien souvent plus passionnément que vous.

Désolé M. Bourges, mais je crois que vous vous mettez le trojan dans le core duo jusqu’à la carte mère.

4) Bon, soulignons quand même la naissance du blog de la rédaction du Soir en ligne, jusqu’ici essentiellement dédié à cette affaire d’ailleurs. Ca serait d’ailleurs très bien si les différentes opinions au sein de votre rédaction pouvaient s’exprimer sur ce blog. Qu’avez-vous à y perdre ?
Et tant que vous y êtes, posez donc la question à votre public de ce qu’il pense de vos articles à 1 euro  …

Pour le plaisir, je ne peux m’empêcher de reprendre la réflexion de Denis chez François:

A ce prix là je demanderais bien à Rossel et IPM de
payer mes commentaires sur leurs blogs, ou pour le moins de faire
état de leur politique en ces matières… car avec
la logique de copiepresse, Rossel se fait de la thune avec mes
comm’ et ça , ça vaut des liards ces jours-ci ;)

On devrait se fédérer et assigner ces voleurs !

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Google s’est donc contenté de demander ce mercredi matin lors de l’audience la suspension de l’astreinte de 500.000 euros fixée pour la non publication du jugement, considérant par ailleurs avoir rempli son obligation en ce qui concerne la suppression des contenus. Chose que réfute Copiepresse, constats d’huissier à l’appui.

Lors de l’audience (je n’ai pas su m’y rendre, on ne peut pas être partout en même temps)  l’avocat des éditeurs Me Magrez a balayé l’argument de Google selon lequel elle n’avait pas été prévenue à temps de l’action en cours. J’avoue ne pas bien comprendre, à partir du moment où des actes judiciaires font foi, pourquoiGoogle tente tout de même de jouer cette carte-là, mais bon, bref.

On s’attend à une ordonnance de la juge en ce qui concerne les astreintes d’ici la fin de la semaine ou en début de semaine prochaine. Un calendrier a par ailleurs été établi et on sait qu’une audience entière sera consacrée à l’affaire le 24 novembre. D’ici là, il y aura échanges de conclusions et d’autres joyeusetés administratives (et plus encore si d’autres éditeurs européens se joignent à la cause).

Plus que jamais, le bras de fer semble engagé et j’ai du mal à imaginer quel revirement de situation permettrait aux deux parties de se mettre autour d’une table rapidemment. Tout porte à croire qu’on est parti pour un sacré tour de carroussel 2.0. Sauf si  la juge confirme les astreintes … ça pourrait donner un coup d’accélérateur, sans pour autant forcer un dialogue qui de toute manière ne semble pas avoir lieu autrement que par avocats interposés.

Je me trompe peut-être, mais j’ai l’impression qu’on est pas près de revoir lesoir.be et lalibre.be dans l’index …  Et comme tout le monde s’y attendait, comme Bubaz le souligne dans les commentaires et Ludovic sur son blog, les chiffres sur le "transfert" de trafic à l’oeuvre vers les éditeurs de contenus qui sont toujours référencés semblent bien réel ("Pour RTL: + 35 pc depuis lundi.  48 % du trafic provient des moteurs de recherche (+ 65 %), et Google contribue à ce trafic à raison de 92 % ") . Je serais curieux de voir les chiffres Skynet et RTBF. Any autorized people in da houze ? Quant à la hausse du Soir, je veux bien sûr le croire sur quelques jours, buzz oblige,  mais à long terme ?

Il me revient aussi que RTL et la RTBF seraient très proches d’emboîter le pas à Copiepresse si d’aventure les choses devaient prendre une "bonne" tournure. Avec Google vidéo  dans les startings blocks on peut tout à fait comprendre leurs inquiétudes … (re-authorized people ?)

Tiens d’ailleurs, j’ai une question qui me turlupine: si j’enregistre le reportage que RTL a diffusé dans son 19H30 à propos de l’affaire, que je le balance ensuite, avec crédit, sur mon blog (ou sur Youtube, Daylimotion, etc.), de quelle infraction, sachant que je ne vends rien (pas de pub et en plus je source), me renderais-je (éventuellement) coupable ?

Peut-être pourrais-je trouver la réponse dans le nouveau livre de M. Berenboom, qui pointe les blogueurs comme étant "une menace"; livre que l’on peut aisément se procurer après en avoir lu le synopsis dans Google Books  (vous ne le voyez peut-être pas, mais là j’ai du mal à contenir un tout léger glimlach :-)

Autre interrogation bigremment effrayante, soulevée par Agnes en commentaire chez François: J’espère que Copiepresse rigole quand elle dit sur son site qu’il faut demander une autorisation "
                      pour établir un lien vers un article sur le site
                      d’un éditeur"
. Visiblement, non …

Enfin, bref, je voulais aussi vous dire que j’étais très heureux "d’héberger" d’aussi constructives discussions. Je trouve, sans nous envoyer des fleurs format 15 tonnes, que ça vole très haut et que la qualité de vos interventions méritait d’être saluée. La présence en ces colonnes d’acteurs de premier plan de ce dossier (arrêtons de parler de "crise", que pensez-vous de "marche forcée vers l’avenir" ?) me réjouis également, profitons-en !

Continuons à creuser ensemble ce satané schmilblick.

J’ai lu et apprécié:
–>> un excellentissime billet de Danny Sullivan (this guy rocks !) sur SearchEngineWatch
"Google’s Belgium Fight: Show Me The Money, Not The Opt-Out, Say Publishers"

"Et si tout cela n’était qu’une demande de reconnaissance ? "(Renaud Hermal)
"De l’importance des relations win-win et du calibre 105 mm" (dans les commentaires chez Promethée)
"Google Actualité pille-t-il les sites d’information ?" (LeBlogMedia)
"L’actualité n’existe pas si elle n’est pas indexée" (Francis Pisani)
"En attaquant Google, certains éditeurs de presse ne se trompent-ils pas de combat ?" (Jeff Mignon, à lire aussi son billet visionnaire à faire hurler les éditeurs 1.0 "Pourquoi Libé n’abandonne-t-il pas le papier ?" (remplacer Libé par La libre, Le Soir, etc.)
" Presse belge et Google: victoire à la Pyrrhus" (Emmanuel Parody)
Le Monde et Google : accord plutôt que procès (Gilles Klein)
"L’argent fait loi " (J’ai craché dans mon blog)
“Old, dying media, here’s your lesson for the day: Google doesn’t steal
your content, it just points its millions of users at you. That is to
your benefit. Don’t blow it next time."
(Nathan Weinberg

et pour le plaisir:

"Google News Removes Belgian Newspaper" (Slashdot, 376 commentaires !)
et puis, évidemment, Google News :-)

L’histoire depuis le début

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Google n’a pas trainé à réagir, preuve sans doute qu’il commence à prendre la démarche des éditeurs au sérieux (à 1,5 millions d’euros d’astreintes/jour, il y a de quoi).

Usant de son droit à abréger le délais d’appel, il a demandé, et obtenu, que celui-ci soit examiné aujourdhui/mercredi à 9h00 devant le même tribunal de 1ère instance, siégeant toujours en référés.

Visiblement, cette démarche aurait pour but d’empêcher que les éditeurs européens n’aient le temps de se fédérer autour de Copiepresse pour s’associer à l’action en cours et réclamer un règlement collectif du problème des droits d’auteurs.

D’après la secrétaire générale de Copiepresse, Margaret Boribon, pas mal d’autres éditeurs européens sont prêts à leur emboîter le pas, ce qui est somme toute assez logique. Plus ils seront nombreux et représenteront des volumes importants de contenu, plus Google réfléchira avant de les envoyer paître.

Il sera donc aussi intéressant de voir jusqu’où la solidarité entre éditeurs tiendra si Google décide de virer ceux qu’il considère comme "non stratégiques" et puis de revenir proposer "par la fenêtre" des deals avec ceux l’intéresse vraiment …

Il reste que lesoir.be et lalibre.be ont été exclus de l’index de Google.be (pas à l’international) et que cela doit déjà se faire déjà ressentir au niveau des stats de chacun.  Skynet, RTBF et RTL, entre autres, doivent se frotter le smains puisque ce trafic ne doit pas être perdu pour tout le monde.

Il se sussure aussi que les régies publicitaires en Belgique seraient aux anges. Forcément puisque Google menaçait tout simplement de supprimer leur business. A se demander aussi quel rôle ces régies ont joué dans la décision des éditeurs de partir en guerre contre Google…

On en saura sans doute plus ce soir, même si Copiepresse à d’ores et déjà annoncé qu’elle demanderait un report de l’audience afin de pouvoir examiner les éventuelles pièces que Gogle produirait. To be continued …

L’histoire depuis le début

PLUS TARD vers 10h00:

Le Soir passe l’info en Une, Alain Jenotte décrypte les enjeux et Th.B. fait un tour sur les blogs pour voir ce qui s’y dit.. Alain Berenboom nous met quant à lui tous dans le même sac "« Plus la vie commerciale s’est emparée d’internet, plus celui-ci s’oriente vers une régulation. Et
cela, en partie, à cause des annonceurs qui refusent d’être associés à
des pratiques illégales. Le problème, ce sont plutôt les blogs. »

Mathieu van Overstraaten donne la parole dans la Libre à François le Hodey, l’administrateur délégué du groupe IPM :«Nous n’avons rien contre Google, mais on ne peut
pas construire un business sur l’activité des autres sans, au moins, la
reconnaître»

Ravi de contribuer, à mon échelle, au trafic de ces deux éditeurs :))  Vous y voyez un problème, M. Berenboom ?

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