Le Soir

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Le journal Le Soir propose depuis ce matin aux internautes une nouvelle version de son site, plus épurée et qui permet surtout enfin de pouvoir commenter ses articles. “Internet brise les frontières entre le lecteur et le journaliste. Finie la « consommation » passive de l’info, l’internaute veut agir. Et interagir. Une belle révolution !”, peut-on lire dans la profession de foi rédigée par Philippe Laloux. Il aura quand même fallut attendre un paquet de temps avant que cette fonction pourtant basique du nouveau web fasse son apparition rue Royale…

Ceci dit, tout vient à point à qui sait attendre et la mise en oeuvre de cette fonctionnalité est, me semble-t-il, plutôt bien réalisée, même si dans les commentaires (ben oui, ça sert aussi à ça), nombreux sont ceux qui se plaignent déjà d’une lenteur beaucoup trop importante dans l’affichage du site. Un signe du succès ? A noter également l’apparition d’un pavé permanent vous permettant d’ajouter les flux RSS des différentes rubriques directement dans votre agrégateur favori.

Rendez-vous vers la mi-novembre pour découvrir, m’a-t-on sussuré récemment, une autre nouveauté du journal Le Soir. Il sera à nouveau question de web participatif, autour cette fois d’une thématique qui devrait sentir bon la testostérone et l’huile de moteur (en plus d’être bilingue)

ce samedi dans Victoire (Le Soir)

Il paraît qu’en levant les yeux aux ciel les nuits sans nuage (ce qui, en Belgique, n’est pas gagné d’office, je vous le concède) on peut appercevoir les satellites de surveillance américains. Et si en plus, vous avez le malheur de dire “Bush”, “Terrorisme” et “Ben Laden” dans la même discussion, vous pouvez être certains que les grandes oreilles d’Echellon l’auront capté et que les agents de la CIA seront devant votre porte dans l’heure. J’exagère ?

Oui bon, d’accord, un peu. Mais pas des masses. Il faut quand même bien avouer que depuis le bouquin d’Orwell, il ne faut plus s’étonner de rien, surtout s’il en va de notre sacro-sainte sécurité, hein ! Le pire dans tout ça, c’est que nous citoyens lambda faisons tout pour leur simplifier le boulot à ces Big Brothers. Quand ce n’est pas en remplissant des bulletins de concours au supermarché, nous nous connectons au web et déversons chaque jour dans le virtuel des données personnelles que même sous la torture nous ne révelerions pas dans le monde réel. Nom, prénom, adresse, numéro de carte de banque, restos favoris, habitudes alimentaires, préférence(s) sexuelle(s), j’en passe et des meilleures.

Le web est ainsi fait qu’à l’heure actuelle, les internautes (et moi le premier) fournissent de leur propre gré une quantité phénoménale d’informations les concernant, sans toujours avoir conscience des conséquences à long terme. Il faut dire aussi que même quand une faille de sécurité dans nos passports électroniques est révélée, personne ne s’offusque que nos dirigeants ne réagissent pas.

Ceci dit, il faut bien avouer que les intentions des nouveaux gourous du web sont à la base plutôt louables. On savait déjà que Google voulait répertorier toute l’information disponible sur la Toile, voilà maintenant que des services se proposent d’organiser tout simplement notre vie sociale. Ils font fureur auprès de la jeune génération, celle qui est née avec un ordi sur les genoux et qui à plus d’amis en ligne que dans la vraie vie.

Prenez l’exemple de Facebook. Ce site créé en 2006 par des étudiants afin de rester en contact avec leur copains de chambrée une fois leur carrière lancée connaît un succès foudroyant. Le principe est simple, vous indiquez un maximum d’infos sur vous et le système se charge de vous renseigner tous ceux qui partagent les même caractéristiques. En fait, c’est même mieux que cela. Chaque internaute devient en effet acteur de l’extension du site car il est difficile de ne pas se prendre au jeu et d’alimenter en permanence son profil avec trente-six micro-informations, des plus futiles (”Mal dormi la nuit passée, besoin d’un bon café”) aux plus importantes (”de nouveau à sec, mon banquier a lancé un avis de recherche”), tout ça dans le but de maintenir le contact le plus étroit avec la communauté de nos amis virtuels. Tout est mis en oeuvre pour satisfaire notre soif immuable de reconnaissance et d’interaction avec/par nos semblables. Etre aimé quoi ! Et ça marche.

Evidemment, il vous reste toujours la possibilité de résillier votre abonnement chez Télé-Com,  d’éteindre la télé, de rencontrer vos potes au bistro du coin, de faire du feu au silex et d’aller chasser le caribou à main nue … mais c’est moins fashion.

PersoWeb: rebelote

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Plus de détails chez le président du jury, que je salue au passage.
No further comment (même si ce n’est pas l’envie qui manque)

Copiepresse et Google ont conclu un accord ont annoncé les deux sociétés dans un communiqué commun. Le contenu des sites des journaux belges francophones et germanophones va être réindexé !! Je pars à la chasse aux infos. Stay Tuned !

MAJ: Voici l’entretien téléphonique que je viens d’avoir avec Margaret Boribon, la secrétaire générale de Copiepresse.

Ecoutez/Téléchargez le podcast au format .mp3

On y apprend notamment que:

- les sites des journaux belges francophones et germanophones sont bel et bien réindexés dans Goggle (mais pas Google News),
- qu’une période de négociation s’ouvre à présent pour trouver des accords de partenariats à long terme,
- que Google a abandonné son cache (!!!),
- que les astreintes fixées par le tribunal de Bruxelles font partie de la négociation et ne seront donc pas payées dans l’immédiat par Google,
- que le retour des articles dans Google News ne fait à cette heure-ci pas partie des objectifs de Copiepresse
- que les deux parties souhaitent arriver à un accord plus global d’ici la fin de l’année.

MAJ: Comme le souligne Pascal dans les commentaires, Google ne s’est pas le moins du monde séparé de son cache. Ce sont les  journaux qui ont juste accepté d’utiliser le tag “noarchive” … la différence est de taille, surtout quand Mme Boribon nous “vend” ça comme LE mérite de cet accord. Ca ne manque pas de piquant quand on reprend l’argumentaire de Copiepresse développé jusqu’ici et qui, en gros, disait “il n’est pas normal que nous devions nous protéger du vol de Google en taguant nos articles”.

Bref, un an de procédure, un paquet de tune en avocats et des sites web de journaux en perte de vitesse … ça fait cher le conseil en balise html … Reste que maintenant la discussion avec le Grand Référenceur est ouverte, (ce qui n’était visiblement pas le cas auparavant), l’avenir nous dira si les auteurs et leurs droits en ressortiront in fine gagnants  …

Ils en parlent:

- La LIbre Belgique (merci pour le lien :-)

- Le Soir (”si Google doit casser sa tirelire pour rémunérer chaque quotidien ou chaque blog en ligne dont il utilise le contenu, même son impressionnant trésor de guerre n’y suffira pas”.) ??!!
- CNet
- The Wall Street Journal
- Ars Technica
- The Register
- SearchEngineLand

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Hier avait lieu à Liège le 1er congrès international de l’AJP consacré à la précarité dans laquelle vivent les journalistes pigistes en Belgique. Je n’ai pas noté les chiffres exacts mais je suppose que la Taupe Vespérale, aka Ricardo Gutierrez qui a donc fait son coming out hier et qui n’a pas arrêté de prendre des notes, nous donnera des détails. En gros, les journalistes indépendants sont payés une misère, quand il le sont. Et ça, ca n’est pas normal.

D’une manière générale, je dois bien avouer que les différents panels n’ont pas été hyper instructifs. Les pontes de nos groupes de presse répétant qu’ils étaient “un business en crise”, que “de gros investissements avaient été faits” pour contrer (?!) la montée en puissance du web, et qu’il ne faut donc pas s’attendre à des améliorations salariales dans les années qui viennent “vu l’équilibre précaire” auquel ils doivent faire face.  Il y eu certes quelques nuances et détails intéressants selon les rédactions, mais globalement tous avouent que les temps sont durs et reconnaissent qu”‘il va falloir se bouger pour s’adapter” à l’ère multimédia.

Ils vendent leurs canards comme des savonnettes ou du dentifrice, alors forcément, si les ventes baissent, ben faut vendre plus …. avec des coûts de production identiques, off course. Et ca coince…. alors on fait un procès à Google-le-vilain-voleur…

Clairement, le web est vu comme une sacrée tuile qui leur tombe sur le coin de la rotative, impayable (dixit Jean-Jacques Jespers) et, évidemment, déontologiquement journalisticide. Inutile de vous dire que j’ai failli bouffer la banquette à plusieurs reprises vu le paquet de conneries entendues au cours de la journée.

En fait,ce qui m’a le plus frappé, c’est qu’ on a beaucoup parlé du marché de l’emploi mais pas du tout du marché tout court. En gros, il s’agit surtout de “bosser pour une rédac”, pas de “bosser pour un public”.

Plutôt que de tortiller du cul pour savoir si l’Ihecs à une meilleure formation que l’Ecole de Journalisme de Louvain, si les stages de l’ULB sont plus funky que ceux de l’ULg, pourquoi diable n’ont-ils pas abordé les géniaux bouleversements qui s’opèrent dans le chef de ceux qui nous lisent/écoutent/regardent/ et qui ont désormais l’occasion de nous renvoyer non seulement du feedback, mais aussi de participer au processus même de l’info ? Le vrai putain de changement il est là ! c’est pas le web qui fout le bordel, c’est ce que les gens en font … et ça , les pt’its gars, va falloir se le rentrer dans la tête.

Non. Te moeilijk meneer, te gevaarlijk ! Si on écoute la foule, on ne ferait que du Gilbert Dupont. Il est de notre devoir (tadam) de lui proposer un autre regard (avec le dvd de Shrek en bonus) … Nous les journalistes, Nous sommes détenteurs du 4ème pouvoir. L’info, c’est Nous qui la sélectionnons et qui la transmettons selon Nos codes. Nous connaissons Nos audiences et Nous savons ce qui est bon pour elles. Les internautes ne véhiculent que des rumeurs et sont indignes de jouir des mêmes privilèges que Nous (parce que Nous sommes bien sûr totalement intègres face aux pouvoirs politiques et économiques, off course) Nous sommes les élites (un vrai journaliste est universitaire) et le web n’est qu’un pillage organisé par Google de nos excellentes productions. … argl

Djeess, je caricature un peu mais  en gros si le business se casse la gueule, ce n’est de la faute de personne. Je n’ai pas assisté au dernier panel avec les représentants des politiques mais je doute qu’ils aient entonné un autre refrain (ce n’est de toutes manières jamais de leur faute, eux :-) J’aurais peut-être dû rester, juste question de savoir si un bloggeur pouvait prétendre à une aide publique à la presse :-)

Heureusement, comme à chaque fois dans ces “congrès” (c’est pareil dans les conférences 2.0), le networking à la pause café parvient souvent à rattraper le coup. J’ai ainsi été ravi de discuter avec Marc Chamut, le président de l’AJP, Béatrice Delvaux et Daniel Van Wylick, Marc Simon … ainsi qu’un pigiste français qui était sidéré de voir le traitement financier réservé à ses collègues belges. En France, le titre de pigiste est reconnu (et les stages sont rémunérés ! viens-z’y voir en Belgique.. ) Je retiendrai aussi l’intervention de Christiane Dupont, journaliste québécoise qui a roulé sa bosse de free-lance et dont je vais m’empresser de commander le bouquin “les nouveaux journalistes. Le guide: Entre précarité et indépendance”.

Je m’en voudrais de terminer ce billet sans remercier l’AJP d’avoir organisé ce congrès. Il a eu le mérite d’exister de remettre certaines pendules à l’heure. Puisse-t-il permettre aux pigistes, aux indépendants et aux journalistes en général de mieux gagner leur vie en se mettant au service de leurs publics. On a beauoup parlé du maintien de la qualité de la production, c’est évidemment crucial pour une démocratie que de pouvoir compter sur des troubles fêtes et des empêcheurs de tourner en rond pour rester saine. Mais cela a un prix (et pas forcément sonnant et trébuchant, une petite dose d’humilité de temps en temps, ça ne coûte pas cher)

Bref, on s’était dit qu’on se ferait bien un petit débriefing podcasté plus détaillé avec Ricardo et Mehmet mis le temps a manqué. Messieurs, si ça vous tente toujours on se boit un kawa un de ces quatre … et si certains d’entre-vous veulent venir nous expliquer ce qu’ils en pensent, don’t hesistate, drop us a line.

Pour suivre le congrès, qui se prolonge ce vendredi avec des interventions de représentants français, anglais, canadiens, checkez le blog de l’ajp

C’est du belge/Dit is belgisch

Jan & Jean se promènent en Belgoland. Une série de petites vidéos pour le moins sympatoches où les clichés wallons/flamands s’en prennent plein la tronche. Dans la lignée des initiatives prises par Le Soir et De Standaard à la suite de l’émission de fiction de la RTBF du 13 décembre dernier et des réactions qu’elle avait suscitées. On n’est jamais aussi fort que quand il s’agit de battre notre coulpe.


La justice belge a donc confirmé le jugement intervenu l’an passé condamnant Google à retirer toutes références à des articles dont Copiepresse, représentant les éditeurs francophones et germanophones, détient les droits. Le jugement rendu ce mardi n’apporte sur le fond aucune réponse, si ce n’est qu’au regard de la loi sur les droits d’auteurs et droits voisins, Google est en infraction et sera contraint de verser une indemnisation, à condition que la justice civile en décide ainsi.

Dans le premier jugement, l’astreinte avait été fixée à 1 millions d’euros par jour de retard, soit à l’heure actuelle plus de 130 millions, compte tenu du fait que Copiepresse a fait acter la présence continue d’articles non seulement dans Google news mais aussi  dans le cache du moteur de recherche. Une somme rondelette (?!) qui n’a toutefois pas trouvé confirmation dans le jugement de ce mardi vu que la juge Aurélie Magerman l’a désormais plafonnée à 25.000 euros/jour, soit près de 3 millions d’euros. In fine, il s’agit-là de la seule véritable info à retenir de cette journée, le fait que Google ait d’ores et déjà décidé d’aller en appel de ce jugement coulant pour sa part de source.

Que pensez de tout cela ?

Depuis le début de l’affaire, que j’ai eu l’occasion de suivre d’assez près à l’époque des deux premiers jugements, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la finalité de cette action en justice à ses conséquences. Inutile de vous dire que je ne suis pas dans le secret des Dieux, mais j’ai pu discuter à plusieurs reprises avec quelques acteurs de cette saga (excepté chez Google, même en étant dûment accrédité). A l’occasion d’un PodCafé spécial, nous avions eu aussi l’occasion d’échanger allègrement nos points de vue avec Alain Guillaume, alors président de la SAJ, partie à la cause.

Tout d’abord, je ne peux que constater que ce procès n’aura servi qu’à une seule chose dans l’esprit de Copiepresse et de ses défenseurs: amener Google à négocier. C’est parce que le moteur niait superbement les courriers envoyés à son intention que Copiepresse a engagé son action. “Ils ont bien trouvé un deal avec Associated Press, pourquoi pas avec nous ?”, était en substance ce qu’on me donnait comme justification. Non sans raison, il est vrai, mais à la différence, de taille, qu’AP est la plus grosse agence de presse au monde, et qu’elle est américaine. Tout ce barouf, donc, pour entendre in fine ce mardi Philippe Nothomb, le vice président de Copiepresse, réitérer son appel à la négociation. Négociation à laquelle Google a pourtant déjà participé, en coulisses, et jusque très tard la veille du 24 novembre dernier, date à laquelle le dossier a été plaidé devant la justice, Google ayant obtenu d’être rejugé suite à son absence lors du premier jugement en août.

Négociations il y a donc eu, et accords aussi puisque la Sofam et la Scam, deux autres sociétés de droits d’auteur parties à la cause se sont désistées au dernier moment, un chèque sous le bras. Aucune somme précise n’a été avancée, pas plus que le contenu des dits accords, mais au regard des 3 millions évoqués aujourd’hui, ces deux deals semblent avoir été “corrects”, compte tenu également qu’une sorte de “mise à l’épreuve” y aurait été incluse. (A nouveau, ne prenez pas ces infos pour du pain béni, les sources en la matière sont rarissimes)

Bref, Google a bien mis de l’argent sur la table pour faire cesser l’action contre elle. Pourquoi n’y a-t-il pas eu accord avec toutes les parties ? Manifestement parce que Google à toujours refusé mordicus d’insérer les termes “droits d’auteur” dans les conventions. S’arc-boutant sur la législation, les avocats ont donc plaidé, avec le résultat que l’on connaît: “Google ne fait pas exception à la loi en vigueur, telle que la juge l’a interpretée”, pourrait-on résumer. En ce qui concerne l’utilisation du cache, je pense en effet que Google  se plante vu qu’un éditeur doit pouvoir avoir le droit de vendre ses articles au prix qu’il le souhaite (fut-ce 1 euro/pièce) sans se faire “doubler” par une copie gratuite sauvegardée sur un serveur qui ne lui appartient pas. Je suis par contre beaucoup moins enclin à considérer le “simple” référencement comme du vol, mais bon … comme dirait Jean-Luc , Ca se discute.

Ok. So what now ?

Cette décision peut-elle faire jurisprudence, tenant compte du fait que la loi est sensiblement la même ailleurs en Europe ? Sans doute. Encore faut-il que d’autres éditeurs emboitent le pas (on annonce des actions en Autriche et en Italie) A mon sens, seule une action massive, concertée et réellement solidaire aurait une chance d’obliger Google a revoir drastiquement sa politique. Or, Google aura toujours le choix de “retourner” l’un ou l’autre acteur en se mettant à table sélectivement, comme ce fut le cas avec la Scam et la Sofam. Même en cas de solidarité jusqu’au boutiste, Google pourrait abandonner son cache sans que cela ne lui fasse ni chaud ni froid. La problématique de la rémunération des droits passés et à venir n’avancerait pas pour autant d’un iota

Concrètement, en quoi les éditeurs francophones/germanophones et la SAJ pourraient sortir gagnants de ce bras de fer ? Très sincèrement, et je ne pense pas être le seul dans ce cas,  j’ai vraiment du mal à cerner les avantages que cette procédure amènera aux journaux.

Le premier effet de cette action en justice aura été la désindexation des sites des journaux dans Google. C’est sans doute aussi celui qui risque d’être le plus dommageable à long terme, n’en déplaise à M. Nothomb qui lors d’une conférence de presse ce mardi a déclaré que ceux-ci n’avaient jusqu’ici pas souffert de ce retrait. Le graphique ci-dessous (thanx denis) ne semble pas franchement du même avis si on compare avec un service non linéaire, pur player 2.0, axé sur l’utilisateur, comme Scoopeo. (ca reste du Alexa, c’est pas la bible hein !)

Il ressort surtout Copiepresse et la SAJ pourront danser sur leurs têtes, crier au coup bas et supplier Google pour inclure une réindexation  de leurs titres dans une éventuelle négociation … aucune loi ne pourra obliger Google à le faire, et pire, le moteur n’aurait à présent qu’à verser 3 millions d’euros d’aumône pour clôre le dossier. (Google a réalisé 3 milliards $ de bénéf l’an passé …)

Il ferait alors une croix sur le référencement du contenu des journaux belges francophones et sur son ambition “d’organiser l’info mondiale”. Une sorte de village gaulois, en quelque sorte … je vois déjà Sergei et Larry écrirent dans leurs mémoires “de tous les peuples, les belges étaient les plus brââves :-)

De leur coté, nos journaux pourraient quant à eux faire une croix tout aussi définitive sur le formidable potentiel que représente le web en terme de diversification de leurs sources de revenus et seraient condamnés à courir derrière une audience qui jamais au grand jamais n’achetera demain plus de papier qu’hier. Sans compter sur l’interactivité, la diversification des formats (podcasts, etc.), les conversations, les apports “citoyens”, etc… basta, terminé gozette tintin rastacouette ! Comment en effet pourraient-ils encore exister sur la toile alors qu’ils sont tout simplement absents du principal outil que leurs cibles utilisent pour trouver les infos qui LES intéressent ?

Qui, à l’heure actuelle, se dit encore “Je me demande ce que La DH/La Libre/LeSoir racontent aujourd’hui à propos de tel ou tel sujet” ? hu ?
Si je m’intéresse vraiment à une actu, je cherche à recevoir le plus de sources possibles afin de me forger mon opinion, j’agrège les flux RSS des rubriques, des blogs, des forums qui parlent précisément de ce sujet, ici et ailleurs de ce monde devenu plat. Je ne perds plus mon temps à passer tout un site à la loupe pour voir si un nouvel article à été publié. Même si je suis un fan de la plume de tel ou de tel journaliste, rien ne m’oblige plus à me farcir la prose de ses collègues. Croire qu’obliger les internautes à passer systématiquement par la page d’accueil d’un journal en ligne sans les faire fuir irrémédiablement est une abbération, à fortiori quand cette page est une pub full screen…

Certes il faut pouvoir payer les journalistes suffisamment pour assurer leur indépendance face aux marchés/aux politiques, évidemment ! Certes il faut que la hiérarchie “qui ne produit pas mais assume les risques” le soit aussi ! Le “tout gratuit” n’est évidemment pas une solution à long terme pour assurer du travail de qualité et la multiplication des outils de micropaiements offrent d’ailleurs de belles opportunités, encore faut-il les essayer. Et surtout, il est grand temps de réaliser que si les “clients” de l’info ne sont pas remis au centre des stratégies, alors la raison même d’un organe de presse disparaît. On peut vitupérer contre le monopole de Google, son rôle est incontournable et il faut “faire avec”. Quand on pense qu’ils y a dix ans, et pour des raisons quasi similaires, le fameux “Central Station” capotait, avec dans le role de Google les éditeurs eux-mêmes face aux journalistes … l’histoire à une drôle de manière de repasser les plats.

Je continue donc à croire que cette action en justice est un combat d’arrière garde, désespérément accrochée à un mode de transmission/d’enrichissement de
l’info ainsi qu’à une législation obsolètes, à défaut d’être complètement révolus. Et je maintiens aussi que Copiepresse a dû faire ce procès parce que
justement, nos canards n’en sont qu’à leurs balbutiements sur le web.
S’ils avaient initié plus tôt leur
convergence print/online et osé la carte de la créativité journalistique multimedia, jamais les éditeurs n’auraient eu besoin de ce procès pour se donner de l’air. 

Mais ça ne reste que mon avis :-)

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