Articles by Charles Bricman

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(Article écrit pars Charles Bricman. La discussion se poursuit chez lui)

D’abord donc, il y a eu la crise du crédit. Allumage aux Etats-Unis (les subprimes) et contagion en Europe et en Belgique (Fortis, Dexia…) Puis il y a eu le krach boursier, avec les fonds spéculatifs (hedge funds) forcés de déboucler leurs positions en catastrophe. Ce fut et c’est encore violent, voyez les bourses qui font du yoyo. Mais bon, c’est fini pour la finance? On se concentre sur l’économie? Il se peut bien que non. Pas encore. L’épicentre du séisme financier risque maintenant de se déplacer vers le monétaire et les marchés émergents, avec cette fois les banques et les monnaies européennes en première ligne, lisez ce qu’en disent Paul Krugman dans le New York Times et Ambrose Evans-Pritchard dans le Daily Telegraph (une traduction en français est disponible chez Contre-Info).

Au fond, c’est toujours la même histoire de créances douteuses et de sous-évaluation des risques. Et de dominos: avec un pétrole revenu à 60 USD par peur de la récession, la Russie dont c’est la principale richesse risque à nouveau de se trouver bien en peine de rembourser ses dettes; et les économies lourdement endettées d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Amérique latine subissent en même temps une fuite des capitaux et un gonflement mécanique de leur dette en devises.

Le “hic”, pour l’Europe (et par suite pour ses banques et pour l’euro), c’est que c’est chez elle qu’est logé le plus gros paquet de la dette des pays émergents. Et que le choc, s’il a lieu, secouera sans doute la planète tout entière, mais à partir du Vieux Continent, et de ses banques, encore. Evans Pritchard rappelle ainsi que les banques d’Europe occidentale détiennent les trois quarts des 4.700 milliards (!) de prêts bancaires octroyés aux pays émergents lors du dernier boom du crédit. Brrr…

Fouillez donc dans la presse anglo-saxonne et dans les références citées ici pour les détails, vous ne les avez pas encore lus dans nos journaux. Pour ma part j’y vois une illustration intéressante des idées de Nassim Taleb, évoquées dans mon billet précédent.

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(Billet écrit par Charles Bricman. La conversation se poursuit chez lui)

Si vous prenez le trombinoscope de la Chambre et du Sénat belges, vous pouvez facilement vous faire une idée de l’activité de nos élus sur le web. J’ai rapidement passé les francophones en revue et j’en retiens provisoirement 4 conclusions:

  1. A peine un peu plus d’un sur deux annonce un site web personnel ou un blog. C’est quand même fort peu, je trouve, compte tenu de la puissance et de l’accessibilité de l’outil.
  2. Rares sont ceux qui font un peu de trafic. Le plus lu, et de loin, c’est Alain Destexhe, le poil à gratter du MR, si je me base sur le traffic rank d’Alexa. La jauge est approximative, je sais, mais Destexhe est si loin devant tous les autres (ses dauphins sont Reynders et Di Rupo, dans cet ordre) que son leadership sur la Toile ne paraît pas contestable.
  3. Sur les cinq premiers, il y a quatre blogs (actifs et régulièrement mis à jour, je précise; Reynders est le seul site “classique”, un CMS évidemment). L’internaute n’a pas besoin de plaquettes amidonnées, c’est le contenu qui l’intéresse, et la possibilité d’engager la conversation. Ils n’aiment pas ça, les élus, pouvoir discuter avec leurs électeurs?
  4. Le premier élu CDH, je vous laisse découvrir l’identité de cet illustre, se hisse courageusement à la 23e place, derrière le premier FN.

A ce stade, j’ai pour tous ces bonshommes (et bonnes dames) un tableau Excel avec les traffic ranks d’Alexa et les page ranks de Google (au passage, aucun - sauf Reynders - n’affiche plus de 4/10 alors que mon petit blog en est à 5). J’ai bien envie de poursuivre l’enquête. S’il y en a parmi vous que ça intéresse, pour une recherche collaborative ou pour obtenir les résultats, faites moi signe.

(Article écrit par Charles Bricman. Vous connaissez désormais la méthode: la discussion se poursuit chez l’auteur)

Gagner des sous avec Fortis, c’est (encore) possible… Mais il faut s’appeler Leterme ou Reynders et diriger un gouvernement pour y arriver. La démonstration est depuis quelques heures sur le site du Tijd: en quelques jours, le gouvernement a engrangé une coquette plus-value latente de 1,6 milliard en revendant pour 8,25 milliards (en actions BNP-Paribas) les trois quarts de la participation acquise, en deux fois, dans Fortis Banque Belgique pour 9,4 mds au total. Ce qui valorise donc celle-ci à 11 mds (8,25/0,75), d’où la plus-value théorique de 1,6 md (11 - 9,4).

Ce type de transaction étant par définition un jeu à somme nulle (ce que gagne l’un, l’autre le perd, et vice-versa), demandez-vous qui est cocu dans l’histoire. BNP-Paribas? Pas forcément, on verra à l’usage si ces 11 milliards étaient le juste prix. Mais plus sûrement le groupe Fortis, et donc ses actionnaires (dont vous?) qui ont cédé il y a huit jours à 9,4 toute une banque un peu bancale, qui a pu être revendue hier à 11… Une plus-value de 17% en quelques jours? Pas si mal…

En attendant, c’est vrai, Fortis conserve les deux tiers de la “Bad Bank” constituée avec ses actifs “toxiques”, valorisés à leur valeur de marché du jour, c’est-à-dire au ras des pâquerettes. Ce qui donne donc à une ancienne valeur de “bon père de famille” toujours logée dans bien des portefeuilles paisibles et véhicules d’épargne-pension, une petite coloration de fonds hautement spéculatif pour rogue traders expérimentés, voire de billet de loto. Ce à quoi Leterme faisait sans doute allusion quand il évoquait la perspective de dividendes pour les actionnaires du groupe…

On voit de drôles de choses, quand même, au jour d’aujourd’hui…