La Belgique est morte dimanche soir
Je ne vais pas tourner autour du pot pendant 15 ans ni me lancer dans une psy-analyse: les résultats du scrutin de dimanche me font froid dans le dos. On peut retourner le problème dans tous les sens, il n’y a plus d’issue. Paradoxalement, si les chiffres sont sufisemment clairs pour qu’une majorité simple puisse dès aujourd’hui grimper au gouvernement, le sort de notre royaume est à présent dans les mains de ceux qui en veulent l’éclatement. C’est con à dire, mais la seule question qui se pose aujourd’hui est “Stop ou Encore ?”
Le seul parti qui a réellement gagné les élections l’a fait avec un programme qui prévoit ni plus ni moins que l’autonomie de la Flandre et ne formera aucun gouvernement s’il n’a pas l’assurance d’arriver à plus ou moins court à terme à ses fins. Punt. Aucun autre parti n’a la possibilité de lui contester le leadership et les lois du peuple belge sont ainsi faite que son parti frère n’aura juste le droit que de patienter et d’essayer à l’usure de retarder l’échéance, d’édulcorer la pilule, d’embaumer la cérémonie funèbre. Les choses sont pourtant très simples au vu des chiffres, elles n’ont en fait jamais été si complexes.
Notre pays est désormais ingouvernable et, sauf hypocrisie généralisée, je ne crois pas qu’il pourra encore l’être un jour sous la forme qu’on lui connaît. La Belgique de 1830 à vécu et sans nous en être rendus compte, le scrutin de dimanche a apporté la touche finale au bordel institutionnel dans lequel il vit depuis le début de sa fédéralisation. C’est ce qui arrive à force de ne se préoccuper que de ce qui se passe de notre coté de la frontière linguistique (ne pas pouvoir voter pour l’ensemble des candidats sur tout le territoire en est le plus exemple), laquelle n’a jamais aussi bien porté son nom qu’aujourd’hui.
Si dans les semaines à venir personne ne met de l’eau dans son vin, au risque de fâcher son électorat et de le radicaliser encore plus, nous courrons vers un clash destructeur. Comme François le souligne (dans une analyse à laquelle je souscris pleinement, tant sur la tristesse de voir le pays partir en sucette que sur le nécessaire débloquage de la situation), ne vaudrait-il pas mieux dès lors en tirer les conséquences dès maintenant, prendre rendez-vous chez le notaire et en adultes responsables calmement examiner comment, pour leur bonheur futur, se répartir l’hypothèque de la baraque et la garde des enfants ?
Ils parlent aussi des élections:
“Lendemain d’élection” (Melissa)
“Peu de solutions, pas mal d’options” (Jonathan)
“Laisser la Flandre s’en aller, pour éviter la haine” (François)
“Elections fédérales: Et puis quoi?” (Frédéric)
“Le crépuscule de l’Empereur” (Promethee)
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