Elkabbach sur le respect du « Off »
Pour revenir à Elkabbach, j’ai particulièrement apprécié sa remarque sur le fait que Giscard et Mittérand considèraient qu’il n’y avait pas ou peu de secret d’état. « Tout se sait très vite et à part les codes de la dissuasion nucléaire, rien ne reste secret très longtemps. »
Perso, quand un interlocuteur me confie des réflexions sous le sceau du off, je me dis qu’il me fait confiance et que ce qu’il me raconte doit me servir à faire avancer mes propres connaissances sur un sujet pour aller poser de nouvelles questions à d’autres acteurs pour peut-être, finalement, « sortir » une nouvelle info. C’est en même temps très frustrant parce que le off révèle généralement des infos qu’on rêverait de pouvoir publier dans la minute :-) Ceci dit, quand quelqu’un vous livre une info en off, il sait particulièrement bien à qui et pourquoi il le fait. C’est juste une manière de dire « maintenant tu le sais, utilise cette info à bon escient mais ne me source pas … pour l’instant. Et rappelle-toi que je sais que tu sais :-) » Et puis, comme le dit Elkabbach, rien ne reste secret très longtemps …
J’aimerais connaître l’avis des mes estimés confrères qui lisent ces lignes. Comment réagissent-ils, particulièrement en ces temps troublés où les « affaires » pourraient être sources de bien des calomnies, face à des infos qui sortent en « off » ? Le Belgistan est fertile en histoires underground (cfr. le thème du Vif de cette semaine: « sexe et politique », qui est un petit reccueil des histoires off/cul de ces dernières années) …













Ah ouais, comme si que moi je te disais en off que j’en avais marre de pas avoir le temps de mettre Benzinemag en PHP et que tu en profiterais pour me traiter de fainéant?
;-)
Tout balancer, même en schmet. Si il y a lieu de constituer des dossiers façon Stasi, jouer finaud mais certainement pas manger dans la main…Tant que cela ne touche pas la vie privée, je dirais. Mais encore, c’est discutable : une orientation sexuelle cachée peut par exemple éclairer une certaine aisance à faire son cachottier et mentir de façon éhontée.
Voilà. A voté. A plus. ;-D
Personnellement, je bosse presque toujours sans off-the-record car, dans mon créneau, l’info off-the-record est généralement recoupée assez rapidement par une autre source. Donc, je refuse d’écouter et j’interromps mon interlocuteur quand il commence par « bon, je vais te dire cela mais tu le gardes pour toi… » Je préfère ne pas savoir et retrouver l’info à travers une autre source. Bon, vu mes conditions de travail, je suis un peu forcé de refuser les off-the-record mais je ne pense pas que c’est mauvais de travailler de cette manière non plus.
Sinon, tous les politiques qui me connaissent, savent que je n’accorde presque jamais d’off-the-record et ne proposent même plus une telle information. Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas de bonnes infos par rapport à mes confrères…
Serge, Mehmet: bien le merci à vous deux pour vos commentaires. C’est marrant, mais j’ai l’impression que ceux qui comme vous deux jouent franco se rapprochent de la notion de transparence qui manque tant dans notre profession. Un peu comme si, pour protéger leurs privilèges et avoir l’impression d’être « important », les journalistes n’hésitent pas à encourager les confidences off, quitte à ne rien pouvoir écrire. Interresting.
Ni toi, ni Mehmet, ni moi ne travaillons dans les mêmes domaines, Damien, mais je pense sincèrement que ce que soulève Mehmet est une généralité : si on montre clairement de facto qu’on ne jouera pas le jeu comme d’autres le font, ça ne pose finalement pas trop de problèmes : libre à toi de refuser le promo-rédactionnel déguisé, à Mehmet le off politique et à moi de vanter bêtement le produit plutôt que de chicaner ses méthodes de lancement. Le tout, c’est de se foutre des conséquences éventuelles, ne pas craindre qu’elles soient systématiquement négatives puisque c’est loin d’être le cas et même éventuellement de laisser sous-entendre que d’une façon ou d’une autre, les pressions seront dénoncées, même… Maintenant, faut bien se rendre compte d’un truc : on est tous plus proche du maquisard que de l’armée régulière… Pas sûr qu’avec une plus grande reconnaissance et un statut plus solide, ce genre de démarche nous serait permis. A nous de faire changer cela, je dirais. Et la, sûr que le net et la liberté rédactionnelle de l’auto-édition peuvent aider !