Rédactions print et web intégrées chez Gannett
« What they found is remarkable: Breaking news on the web and updating for the newspaper draws more people to both those media, » écrit Craig Dubow, P-DG de Gannett, dans un mémo qu’il a envoyé mardi dernier à l’ensemble de ses rédactions. La direction du groupe a donc décidé de généraliser l’expérience au plus vite, écrit Jeff Mignon, chez qui j’ai chopé l’info.
Gannet ne sera donc plus un éditeur de journaux mais bien un « Information Center ». « The Information Center is a way to gather and disseminate news and information accross all platforms, 24/7. The Information Center will let us gather the very local news and information that customers want, then distribute it when, where and how our customers seek it (…) The Information Center, frankly, is the newsroom of the future. It will fulfill today’s need for more flexible, broader-based approach to the information gathering process. And it will be platform agnostic: News and information will be delivered to the right media – be it newspaper, online, mobile, video or ones not yet invented – at the right time. », explique Craig Dubow.
Benoît Raphaël présentait il y a quelques semaines l’organigramme fonctionnel de Edipresse, en Suisse. Jetez-y un oeil, c’est très instructif ! (cliquez pour agrandir).

- Gérer des sources multimédia
- Elaborer des bouquets de services d’information
- Production en réseau 24/7
- Briser le concept de deadline
- Un catalogue en perpétuelle évolution
- Réinventer les modèles de distribution
Par ailleurs, Gannet expérimente aussi le « crowdsourcing », cette manière de récolter des infos par la « foule » et les « experts naturels » qu’elle contient.
« Ainsi, le Fort Myers News-Press en Floride, a mis en place une base de données d’ingénieurs à la retraite, d’anciens comptables… pour vérifier une série de documents et déterminer pourquoi il est si cher de mettre en place les arrivées d’eau et le système de traitement des eaux usées pour les nouvelles constructions » (…) Le même journal appelait les citoyens à signaler les irrégularités dont ils étaient témoins. lors du vote qui se déroulait hier (cfr. cette page)
Et Jeff de conclure: « Intelligence collective, reconnaissance de l’expertise de la communauté, acceptation de la conversation, sans oublier la mise en place d’une plate-forme unique multi-support, inutile de dire que l’initiative de Gannett est remarquable et qu’il va falloir l’observer de très prêt.
Bon, les pt’its gars en Belgique, vous attendez quoi pour réagir ? Ceux qui me répondent « un accord avec Google » prennent deux baffes :-)













Très bon ca…
Ca rejoint assez bien ce qu’on disait l’autre jours : le business de la presse ce n’est pas le journal papier, c’est l’information pas son support…
Avant d’appliquer ces idées en Belgique, il faudra s’assurer que les conventions collectives prévoient le cas particulier d’éditeurs Internet au statut de journaliste. Les syndicats des techniciens de la presse devront en outre recevoir des garanties de la part des patrons sur la durée de temps de travail et sur le maintien des subsides.
Il faudra aussi assurer une rémunération équitable aux experts indépendants mandatés pour fournir l’information de base… qui devra bien sûr être retraitée par un journaliste professionnel. Enfin, la parité au sein des rédactions devra être respectée. Un groupe de réflexion et des comités rédactionnels seront chargés de plancher sur cet ambitieux projet déjà baptisé « presse 2.0″.
Oui mais… Quid de la déontologie journalistique dans cette nouvelle organisation? Je vous recommande la lecture du compte-rendu assez équilibré de Wired, qui met bien en lumière les forces et les faiblesses du journalisme sauce 2.0:
http://www.wired.com/news/culture/media/0,72067-0.html