La consternation des éducateurs de l’IPPJ de Braine-le-Château

by Damien Van Achter on 18 septembre 2006 · 3 comments

Le meurtre en avril dernier de Joe Van Hollesbeek pour faciliter le vol de son lecteur mp3 avait bouleversé l’opinion publique belge, 100.000 personnes descendant même dans la rue pour faire part de leur incompréhension et de leur rejet d’une telle violence.

A quelques encablures seulement des élections communales, la classe politique belge n’a pas hésité  fin août à sortir de ses gonds lorsqu’il s’est avéré que Mariusz O., un des deux jeunes mineurs impliqués dans la mort de Joe, avait assisté durant l’été à un match de l’équipe nationale de foot en compagnie d’autres pensionnaires de l’Institut Public de Protection de la Jeunesse (IPPJ) de Braine-le-Château où il était placé.

L’opinion publique, si elle s’en est certes ému, n’a semble-t-il pas embrayé à cet accès de démagogie pure jus de nos outrés élus en campagne, relayée par une couverture médiatique parfois très pathos, logique.

Au milieu de ce jeu de quilles, le personnel pédagogique de l’institution a servi de punching ball de première catégorie et n’a eu d’autre choix que d’encaisser les tirades de la presse populaire et les crochets du gauche assénés par la droite … et vice-versa.

Le soufflé étant à présent retombé, une partie des membres du personnel de cette institution a souhaité livrer ses sentiments par rapport cet évènement. Vendredi soir, un de ceux-ci (j’ai trois années de psycho dans les pates :-) m’a contacté pour me signaler l’existence d’un blog, sur lequel une lettre ouverte à qui voulait bien la lire avait été publiée.   

Si je vous invite bien sûr à aller la lire dans son intégralité, en voici en substance ce que j’en ai retenu.

"Nous sommes consternés par le discrédit porté sur la prise en charge pluridisciplinaire de ces adolescents (…) Notre sentiment de révolte est d’autant plus fort qu’il s’associe à une grande inquiétude quant à la méconnaissance totale de notre travail par les responsables politiques (…) qui semblent à l’évidence ne rien connaître à notre philosphie institutionnelle"

Ces membres, qui souhaitent rester anonymes, réagissent ainsi "aux critiques relayées par la presse qui nous qualifient d’incapables, voire d’irresponsables. Le manque de confiance flagrant que soulignent ces interventions médiatiques, à la veille des élections, nous blesse profondément", expliquent-ils.   

Il font également part de leur étonnement face aux propos tenus "par un président de parti qui croit partager une idée novatrice (les ‘activités réparatrices’)(…) alors que de telles pratiques existent depuis de nombreuses années et figurent dans notre projet pédagogique". 

Ils ont également voulu mettre l’accent "sur le jugement hâtif et discriminant porté sur ces jeunes. Ceux-ci ont, bien entendu, une part de responsabilité dans les actes qu’ils commettent (…) mais la société n’aurait-elle pas intérêt à faire son examen de conscience car les attitudes de rejet, d’exclusion, d’intolérance, de racisme, et l’appauvrissement progessif et insidieux d’une population déjà en difficulté ne vont certainement pas dans le sens d’une éradication de la délinquance juvénile ?"

Ces membres du personnel tiennent ausi à réitérer "leur croyance en un système éducatif et pédagogique basé sur un juste équilibre entre des sanctions ‘positives et négatives’(…) L’enfermement pur et dur des jeunes délinquants, s’il est rassurant à court terme, est inefficace à moyen ou long terme car une telle politique génère inévitablement révolte et violence".   

Enfin, il leur paraît également intéressant de se pencher davantage sur les moyens mis en place dans l’aide à apporter aux victimes et à leur entourage. "Qui se préoccupe des familles de victime bien moins médiatisées?", s’interrogent-ils encore, tout en suggérant de sensibiliser l’opinion publique à la responsabilité civile, comme la non-assistance à personne en danger.

Comme je l’ai conseillé aux auteurs de cette lettre, la démarche d’ouverture vers le public qu’ils ont eu en publiant leur réaction sur un blog ne devrait pas s’arrêter là. Ouvrir les commentaires permettrait aux internautes de leur faire part directement de leurs propres sentiments face à cet évènement, d’initer un dialogue avec le  vraiment intéressés par le devenir de ces jeunes et de leur prise en charge par la société

Cela donnerait l’occasion à cette équipe pédogogique d’expliquer comment sont définis ces programmes, leurs finalités, leurs vertus pas forcément visibles à l’oeil nu, et éventuellement d’en partager l’évolution au quotidien. Les blogs se prêtent particulièrement bien à cet exercice, auquel ces jeunes pourraient aussi être associés de manière très proactive.

Qu’en pensez-vous ?

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1 Durieux Murielle 1 octobre 2006 à 17:24

je trouve que ce n’est pas normal de laisser sortir un criminel ou que se soit meme les abuseurs c’est un acte qu’ils ont commis et c’est une faute tres grave pour la société et je trouve qu’ils n’ont pas le droit d’avoir des activités de sortie etils doivent comprendre qu’ils sont dangereux pour la société en plus il y a des enfants ou ados qui n’ont rien fait etqui n’ont pas le droit d’avoir une telle sortie on se demande dans quelle injustice on est tombée

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2 cassandra 14 mars 2008 à 21:56

personnellment je trtouve que sa ne sert a riende faire un jugement apres presque 2ans entgre tempms une jeune peut changer. a la justice de voir si le comportement c’est amélioré mais une condamnation ne servira a rien apprt retomber dans la delinquance. qu dit prison dit galere, qui dit galeredit la rue et c’est malheureusement dans la rue que es jeunes s enfoncent. liberez les sous conditions et sa leurs permettera de changer!!!!!!!!!!!!!(pareil pour les 2 suspect du meurtr de rawitz)

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3 aude-alex 28 mai 2009 à 17:52

je pense pesonnellement que le choix de l’activité n’était pas la bonne ! parce que trop de retombées médiatiques, d’incompréhension de la popularion etc;
On ne voit que trop la réaction hystérique de gens qui pense que à peu de choses près Guantanamo made in Belgium ce serait pas si mal!bon je m’emporte un petit peu la mais je ne comprends pas pourquoi les moyens de réinsertion sont si peu connus voire même si peu soutenu (également par le ministère public); pourquoi tant d’investissementsdans la répression et pas dans la réinsertion ?? j’aimerai bien être éclairé sur ce mystère! je fais des études de droit et fait actuellement un travail sur les IPPJ , je suis consternee du manque d’information à ma disposition !!

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