
« Les pluies ne durent jamais en Ecosse » a été écrit par Cédric Godart (animateur et cheville ouvrière de PureBlog). Je ne sais pas combien d’exemplaires papier ont été tirés ni combien il s’en est vendus mais pour Cédric, l’important n’était pas tant de faire peter le compteur que de partager ses lignes avec ses lecteurs, et particulièrement avec ceux de son blog, là où le roman avait fait ses premiers pas. (Brice Depasse avait podcasté Cédric lors de la sortie du livre. Une autre chronique se trouve sur Asteline)
A lire son billet hier matin annonçant la mise à disposition de l’intégralité de son bouquin au format .pdf et sous Licence Creative Commons (Paternité / Pas d’utilisation commerciale / Pas de modification), sa joie, et je dirais presque son soulagement, étaient plus que perceptibles.
Sa seule crainte était de voir les acheteurs de la version papier venir crier au scandale sous ses fenêtres. Après une petite news, propulsée en deux heures en homepage de Scoopeo, et quelques commentaires enthousiastes sur son blog, le conclusion était pourtant limpide …
Cela représente plus de 20 pc du nombre total de téléchargements qu’espérait engranger l’éditeur danois Ventus Pubishing sur toute l’année académique 2006-2007…. Au Danemark, plus de 160.000 téléchargements d’oeuvres similaires ont eu lieu l’an passé.
Conséquence: Ventus est submergé de demandes de la part des étudiants néerlandais qui veulent pouvoir télécharger d’autres ouvrages.. et d’auteurs qui le supplient de bien vouloir mettre leurs oeuvres à disposition des internautes.
L’éditeur, qui fournit aussi des livres gratuits en Suisse et en Allemagne, souligne enfin que des profs d’unifs eux-mêmes ont commencé à travailler avec ce matériel gratuit et que donc les résumés se rajoutent tout seuls à la liste des ouvrages désormais obligatoires (auxquels Ventus compte d’ailleurs bien s’attaquer dans les années qui viennent)
Oui mais, me direz-vous, cela à un coût ! Effectivement. Trois à quatre pages de pubs contextuelles par livre. Punt.
La boucle est bouclée et la Culture circule enfin librement !
Bon d’accord, le plaisir de feuilleter un « vrai » bouquin est irremplaçable et certains types d’ouvrages très spécialisés ne pourront sans doute jamais être diffusés autrement qu’en version papier.
Mais avouez qu’il s’agit quand même là d’une sacrée mandale dans la tronche des éditeurs gavés aux petits fours prout-prout ma chère. Lesquels ont désormais intérêt à bien s’accrocher à leurs falsars, car ce ne seront plus eux qui décideront à l’avenir de ce qui vaudra la peine d’être lu ou pas.
« Skip The Intermediaries » (allez relire le Cluetrain, ça fait un bien fou)
Après le Pullitzer pour les journalistes online du Times Picayune en 2005, pourquoi pas le Goncourt à une oeuvre en .pdf sous Creative Commons en 2010 !
(Si vous connaissez d’autres exemples de « produits » culturels diffusés sous CC, retrouvez vite un lien ou l’autre et balancez-les en commentaire, ou encore mieux, sur le wiki)
Technorati Tags: Cedric Godart, Creative Commons, Litterature, Enseignement, Culture










{ 8 comments… read them below or add one }
Mister Godart serait-il un « libéral social » ? Oooooh je le charrie… :)
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Non, disons que la décision s’enracine aussi dans un certain ras-le-bol par rapport à des diffuseurs (ceux qui mettent un livre dans les rayons de vos librairies). Il nous aurait fallu déplacer des montagnes pour faire publier ce livre largement en France. Je suis fatigué d’avance et préfère attendre le prochain, les prochains. D’ici là, pour les maigres royalties que cela représente, en tant qu’auteur, que JEUNE auteur, je préfère faire circuler ce texte sur l’Internet largement et me contenter de l’avis de lecteurs qui, ensuite, pourront très bien se le procurer en version « classique » via le site de la maison d’édition qui réalise ici un effort considérable par rapport à un investissement lui aussi considérable sur ma personne. Il ne s’agit pas de libéralisme social, mais d’une certaine lucidité sur la décrue des ventes de livre, d’une certaine confiance aussi dans le médium Internet. Nous sommes à l’époque du « Wiki »-développement comme le signalait le président de Cap Gemini sur BFM il y a quelques jours. J’en suis conscient, confiant.
Merci Damien pour ton soutien.
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J’avais diffusé mon premier roman sur le web avant de trouver un éditeur (qui vend/travaille en ligne également,un de ceux qui a pignon sur rue comme on dit et qui diffuse chaque mois un pdf gratuit d’un de ses titres), très déçue par son incompétence (pour rester très polie), mon deuxième roman vient d’être intégralement diffusé en podcast: tout ça m’a amené à penser que quand on écrit pour le plaisir, autant le partager avec qui veut l’entendre/le lire… Maintenant, je ne sais pas si c’est LE mode d’édition de demain, rien ne remplacera le papier parce oui un livre c’est aussi physique, ça reste tout de même une bonne alternative quand ta démarche est tout sauf casse-tête et lucrative !
>Prom’: J’habite à 10km de Jodoigne, ne me parle pas de libéralisme social :)
>Cédric: tu as quelques chiffres par rapport à l’explosion de ton serveur ?
>Laura: la démarche peut devenir lucrative si tu insères 3 à 4 pages d’adsense dans ton livre, non ? sans dénaturer ton travail bien sûr, mais si ça peut faire rentrer un peu de tune. Tu nous donnes le lien vers ton podcast (et l’éditeur pas compétent ;)?
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Voilà une bibliothèque de textes écrits pour le théâtre, accessible gratuitement :
Le site du Proscenium est « dédié à la publication de textes de théâtre d’auteurs contemporains francophones vivants (non édités) afin que le plus grand nombre puisse en profiter au sein de la Francophonie : metteurs en scène, troupes et bien entendu le public »
http://www.leproscenium.com/
>Cédric: tu as quelques chiffres par rapport à l’explosion de ton serveur ?
Oui :-)
178 téléchargements complets avant le crash du serveur MySQL à 20h hier. Depuis, je sais pas encore.
Ce crash n’est pas dû à la surcharge du serveur, mais à une panne chez l’hébergeur. C’eût été trop beau ;-)
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Damien> par rapport aux adsense inclus dans un texte… je pense qu’il faut laisser le choix aux lecteurs…
Moi ça me gonflerait d’avoir des pubs toutes les trois pages… mais bon on peut toujours demander aux lecteurs de cliquer avant ou après la lecture sur un des liens publicitaires en contre-partie.
Cette initiative est très bien, ça pourrait permettre à de jeunes (ou moins jeunes, en terme d’âge je veux dire) auteurs d’être découverts par des lecteurs et de pouvoir réaliser leur rêve d’édition…
Est-ce que ce n’est pas un peu le principe des myspaces au niveau de la musique??
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